Gilbert Ballet
Le livre : Celui qui se faisait appeler Swedenborg était d’origine suédoise et s’appelait en fait Emmanuel Swerdberg.
Doué d’une activité prodigieuse,
d’une intelligence remarquable et variée, tour à tour littérateur, poète, homme de science théorique et pratique, Swedenborg est peut-être le plus original des hallucinés mystiques qui se soit jamais
rencontré. On a dit de lui qu’il avait été le surnaturel incarné et il a laissé un enseignement mystique pour lequel il aura pendant plus de deux siècles de nombreux zélateurs (dont Helen Keller, celle qui était sourde, aveugle, muette) G. Ballet l’étudie non dans le but d’une simple pathopsychobiographie, mais pour préciser ses vues sur les délires mystiques, en montrant que celui de Swedenborg, loin d’être hystérique, relève
d’une psychose hallucinatoire onirique.
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Swedenborg est pour Gilbert Ballet "un des hallucinés les plus remarquables qu’on ait vus" de tous les temps ens e refusant toutefois de réduire cette grande personnalité à un portrait de malade mental ->
"Que ceux, écrit-il en terminant son ouvrage, qui ont voué à Swedenborg et à ses doctrines une admiration sans limites, continuent à entourer d’un culte pieux le souvenir de cette figure étrange : nous nous en voudrions d’avoir, en faisant résonner une note discordante, troublé leur âme et scandalisé leur conscience. Nous nous sommes bornés à revendiquer pour la pathologie ce qui lui revient dans la vie si curieusement mouvementée et dans les oeuvres si remplies d’originalité du "prince des voyants". Swedenborg fut un malade : aucune considération sentimentale ne saurait prévaloir contre cette constatation. Ce qui n’empêche pas d’admettre avec un de ses panégyristes, que dans le dernier siècle "qui eût tant d’hommes éminents, nul ne fut plus laborieux, plus honnête, plus savant, plus ingénieux, plus fécond écrivain".
Gilbert Ballet : Né le 29 mars 1853 à Ambazac (Haute-Vienne) et décédé le 17 mars 1916 à Paris, il était neurologue et aliéniste, professeur d’histoire de la médecine
à la Faculté de médecine de Paris (1907), puis de la chaire de Clinique des maladies mentales et de l’encéphale à Sainte-Anne (1909), membre titulaire de l’Académie de médecine (1912). Il était
également Président de la Société française d’histoire de la médecine (1909-1910), membre de l’Académie des Sciences.
