Philéas Lebesgue

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Le livre : Au commencement était le verbe

Extrait : Il émane des choses et de nous-mêmes un rayonnement invisible, des vibrations, des ondes indéfiniment propagées selon la diversité de rythmes nombreux ; il existe en nous, autour de nous, comme le flux et le reflux d'une mer où nous serions baignés jusqu'aux profondeurs de nos fibres charnelles, des pulsations mystérieusement accordées entre elles et d'une telle importance pour chcune de nous, à cause de leur étroite parenté avec le principe même de la vie, que les hommes reconnurent de tout temps un don céleste à quiconque se révélai capable de fixer pour les autres, par hasard ou fugitivement, ces rapports étranges.

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Toute notre existence idéique semble ainsi sortir de nous-mêmes, pour constituer autour de notre être une sorte d'atmosphère obscure et se projeter à certaines heures, au souffle de nos volontés, loin par-delà la banalité des vulgaires contacts, dont la pression sur elle ne cesse, toutefois un seul instant d'agir.
On a comparé l'âme humaine à un miroir, à la boîte sonore d'un instrument de musique, à ces harpes primitives dont les cordes se laissent doucement émouvoir par le vent qui passe, et voici que la nouvelle science vient, en effet, de découvrir de quels reflets cachés ou concordants s'animent, sous certains chocs, certains êtres, certains corps ou certaines ténèbres. Sonores, lumineuses, magnétiques ou radioactives, selon l'expression récente qu'il a fallu créer, mille ondulations s'entrelacent et se remplacent, se correspondent et se répondent, et le monde est comme un piano dont elles seraient les cordes et dont nous serions les touches... sous quels doigts ?
Inconsciemment nos paroles, à chaque instant, transposent sous la forme sonore quelques unes de ces vibrations émanées des choses ou des intelligences secrètes de la Nature et qui, au hasard, sollicitent, pour s'en nourrir, notre vertu sensitive.

Philéas Lebesgue : Né le 26 novembre 1869 à la Neuville-Vault (Oise) en Picardie, et décédé le 11 octobre 1958, il fréquente le Collège de Beauvais (actuel lycée des Jacobins) puis retourne à la terre. Là, il redevient paysan mais poursuit assidûment un travail intellectuel prodigieux, notamment dans le domaine des langues étrangères où il excelle. À dix huit ans, il fait paraître ses premiers poèmes. Il est alors très marqué par le symbolisme. Deux ans plus tard il publie son premier drame lyrique "Dieu et Démon". Entre 1896 et 1940 il sera le critique favori et attitré du Mercure de France pour les lettres portugaises, grecques, yougoslaves et brésiliennes... Il traduit aussi bien Tagore que des ouvrages en Breton "Sous le chêne des druides" en 1931. Philéas Lebesque était grand druide des Gaules.



Rencontre avec le druidisme éternel